Le cadre légal
La garde à vue : ce que dit la loi
Une garde à vue n'est pas une condamnation. C'est une mesure d'enquête, strictement encadrée.
La garde à vue est une mesure de contrainte décidée par un officier de police judiciaire, sous le contrôle du procureur de la République. Elle ne peut viser qu'une personne à l'encontre de laquelle il existe des raisons plausibles de soupçonner qu'elle a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d'une peine d'emprisonnement (article 62-2 du Code de procédure pénale).
Elle doit en outre constituer l'unique moyen d'atteindre l'un des objectifs fixés par la loi : permettre la poursuite des investigations, garantir votre présentation devant le procureur, empêcher la modification des preuves, les pressions sur les témoins ou victimes, la concertation avec d'éventuels complices, ou faire cesser l'infraction. Ces conditions sont contrôlées, et leur non-respect peut fonder une demande d'annulation.
Comme pour toute procédure décrite sur la page avocat pénaliste à La Réunion, le premier réflexe est le même : demander un avocat, et ne rien déclarer sans préparation.
Combien de temps dure une garde à vue ?
La durée initiale est de 24 heures (article 63 du Code de procédure pénale). Elle peut être prolongée de 24 heures supplémentaires, soit 48 heures au total, sur autorisation écrite et motivée du procureur de la République, à condition que l'infraction soit punie d'au moins un an d'emprisonnement. Pour certaines infractions relevant de la criminalité organisée, la durée peut être prolongée au-delà de ces 48 heures, dans des conditions strictement encadrées par la loi.
Le délai court à partir du début de la privation de liberté, en principe l'heure de l'interpellation. À l'issue de la mesure, vous devez être soit remis(e) en liberté, soit présenté(e) à un magistrat.
Vos droits pendant la garde à vue
Dès le placement en garde à vue, l'officier de police judiciaire doit vous notifier vos droits, dans une langue que vous comprenez (article 63-1 du Code de procédure pénale) :
- être informé(e) de la qualification, de la date et du lieu présumés de l'infraction reprochée ;
- faire des déclarations, répondre aux questions ou garder le silence ;
- faire prévenir un proche ainsi que votre employeur, et, si vous êtes de nationalité étrangère, les autorités consulaires ;
- être examiné(e) par un médecin ;
- être assisté(e) par un avocat de votre choix ou commis d'office ;
- bénéficier d'un interprète si nécessaire ;
- consulter certaines pièces : procès-verbal de notification des droits, certificat médical, procès-verbaux de vos auditions ;
- présenter des observations au magistrat qui se prononce sur une éventuelle prolongation.
Pour les mineurs, des règles propres s'appliquent en vertu du Code de la justice pénale des mineurs : les représentants légaux sont avisés et l'assistance d'un avocat est obligatoire.